La question du trafic

Dans un article des Échos, publié le 25/11/12, Bruno Trévidic s’attarde sur la question du trafic aérien actuel et à venir à Nantes :

Quant à l’unique piste, qui a vu passer 45.494 vols commerciaux en 2011, sa capacité est estimée entre 90.000 et 110.000 vols commerciaux par Cosynergie. A raison d’un emport actuel de 71,3 passagers par vol, la piste pourrait donc accueillir -hors le problème de l’aérogare -entre 6,4 et 7,8 millions de passagers. De quoi voir venir.

D’autant que ce plafond de 110.000 mouvements pour une piste unique repose davantage sur les limites actuelles du contrôle du trafic aérien à la française que sur de véritables limites techniques. Avec une seule piste et des contraintes d’environnement comparables, l’aéroport de Genève a bien su traiter près de 13 millions de voyageurs et quelque 200.000 mouvements d’avion l’an dernier. Le modèle du genre reste toutefois l’aéroport de San Diego, en Californie, qui sur une superficie inférieure d’un tiers, une seule piste et un couvre-feu draconien de 23 heures à 6 h 30, a pu accueillir plus de 18 millions de passagers…

Il est toutefois très douteux que Nantes Atlantique, ou son éventuel remplaçant de Notre-Dame-des Landes, ait à faire face de sitôt à un tel afflux. On peut certes imaginer que la métropole nantaise parvienne au même niveau de dynamisme économique que Lyon, Toulouse ou Marseille, dont le trafic se situe entre 8 et 6 millions de passagers. Mais contrairement à ces trois villes, qui drainent un important trafic de correspondance vers le sud de l’Europe et le Maghreb, la position géographique de Nantes ne lui laisse guère d’espoir de jouer les plaques tournantes. Quant à pouvoir drainer le trafic de toute la Bretagne et de ses marches, qui est clairement l’un des objectifs affichés du transfert de l’aéroport au nord de Nantes, de l’autre côté de la Loire, les perspectives semblent là aussi limitées. D’une part, le trafic passagers cumulé des aéroports de Dinard, Brest, Quimper, Rennes, Lorient, Vannes, Saint-Nazaire, Laval et Angers s’élève péniblement aujourd’hui à 1,9 million de passagers. D’autre part, il est douteux que ces aéroports se laissent dépouiller de leurs clientèles sans réagir.

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